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La mosquée de Médine : Al-Masjid al-Nabawi sous les omeyyades

masjid-al-nabawi

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Al-Masjid al-Nabawi est considérée comme le point d’origine de la civilisation musulmane, elle recueille le tombeau du prophète. Aux vues des nombreuses transformations qu’elle a connu, le plan d’origine est difficilement retrouvable.

Dans un premier temps le prophète avait  fondé « la maison du prophète », et selon la religion musulmane, Mahomet lui-même avait établit les plans vers 622 ap. J.-C. C’est un centre à la fois culturel, politique, social et bien sûr religieux. Les murs sont faits de briques en terre séchée, de troncs de palmier et de pierre. Elle n’avait pas de coupole ni de minaret.

Elle est rapidement agrandie (dès le règne du Calife Omar Ibn Al Khattab). Lors de l’époque omeyyade elle connue sa plus importante transformation. En effet, le calife Al Walid Ibn Abdel Malek décide l’agrandissement et la reconstruction de la Mosquée en même temps que la construction d’une grande Mosquée à Damas. Il intègre des terrasses, un minaret mais aussi le premier Mihrab. Le lieu devient beaucoup plus grand, en effet il couvre plus de 2000 mètres carrés. Un plan fut retrouvé dans un manuscrit arabe. Il présente la mosquée comme un rectangle d’environ 85 mètres sur 95 mètres contenant une cour à l’intérieur. Au sud de la cour il y a la salle de prière qui se compose de cinq vaisseaux barlongs de dix-huit travées chacun. Au centre de celle-ci il y a un minbar. Au nord de la cour il y avait la salle des femmes, qui est son reflet. A l’est et à l’ouest de la cour il y a un portique respectivement de trois et de quatre vaisseaux. La mosquée était dotée de quatre minarets situés dans les angles.

Différents textes anciens démontrent que  la construction omeyyade est restée intact jusqu’en 1481. Malheureusement il n’est plus possible de voir les éléments omeyyades qui ont influencé une grande partie des mosquées de cette époque.

Valentin


Source:

STERN Henri, « Les origines de l’architecture de la mosquée omeyyade à l’occasion d’un livre de J. Sauvaget », in Syria, 1951

Article Wikipédia « Masjid al-Nabawi »

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Sainte Cathédrale ou Grande Mosquée de Cordoue ?

Fondée de 785-786 par ‘Abd al-Rahmān Ier, calife Ommeyade à Cordoue, la Grande mosquée a subit de nombreuses modifications architecturales et décoratives par les dynasties musulmanes au cours des siècles. Toutefois, les plus grandes transformations de la mosquée sont faites au XVIe siècle lorsque la mosquée, désormais devenue cathédrale lors de son appropriation chrétienne au XIIIe siècle, est revue par Hernan Ruiz par ordre du clergé de la cathédrale. Plus tard, en 1526, lors de sa visite de l’édifice, Charles Quint parle de ces nouvelles transformations: « Vous avez construit quelque chose de banal à la place d’un monument unique. »

Aujourd’hui, la mosquée-cathédrale de Cordoue classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984 est visitable pour les touriste à 8€ l’entrée comprenant un fascicule gratuit et une visite guidée. Les informations qui y sont délivrées en oublient presque les 5 siècles d’histoire musulmane depuis le début de sa construction pour souligner aux visiteurs le fait que « mosquée avait été construite sur la basilique wisigothe de Saint Vincent, dont il ne reste presque plus rien. ». L’intitulé de l’édifice ne mentionne pas non plus son origine musulmane; l‘évèque de Cordoue affirmant dans un article que « Il n’y a aucun problème à dire que ce temple de Dieu a été construit par les califes musulmans, écrivait l’évêque. Mais il est inapproprié de l’appeler mosquée aujourd’hui, parce que cela fait des siècles que ce n’est plus le cas. Le terme de mosquée sème la confusion chez les visiteurs.« 

Cette orientation interprétée de l’histoire du bâtiment fait réagir la communauté internationale et a fait l’objet de nombreuses demandes pour faire de cet ensemble architectural un lieu de culte œcuménique. « Ce monument a une portée universelle incontestable: non seulement parce qu’il est célèbre mais aussi parce que c’est un exemple de l’entente entre les peuples, un exemple dont en plus les sociétés contemporaines ont besoin« , disait Antonio Manuel Rodriguez, professeur de droit à l’université de Cordoue.
Le 10 février 2014 une pétition a été lancée nommée « Sauvons la mosquée de Cordoue » et a recueilli plus de 141.000 signatures dans la volonté de restaurer l’universalité culturelle et cultuelle de la mosquée-cathédrale. La multiplicité des signataires a fait réagir le gouvernement régional andalou annoncant qu’il « étudiait toutes les possibilités, y compris juridiques, pour s’assurer que la propriété de ce bien public reste publique ».

Parce que, en effet, la propriété de la mosquée est à l’origine de cette polémique. Non seulement un problème par rapport à sa mémoire historique mais aussi par rapport à son gain économique. La mosquée rapporterais à l’église catholique près de 8 millions d’euros exonérés d’impôts car considérés comme des dons. D’où le désir de rendre la mosquée-cathédrale propriété publique de l’Etat afin que les bénéfices reviennent aux Cordouans et à l’intérêt de la ville.
A l’heure de la crise cette polémique ressurgit alors que depuis près de 800 ans la légitimité de l’église n’avait été remise en question, polémique reposant donc en grande partie sur une question de propriété-gestion.

Tiphaine

 

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La Grande Mosquée de Damas – Décor et origines

Damas, en Syrie, est la ville que les omeyyades ont choisi pour en faire leur capitale. Malheureusement, comme le précise le site de l’Unesco, les vestiges de cette période sont rares. Cependant, un monument essentiel de l’art omeyyade a été conservé : la Grande Mosquée.

Les différents articles – R. Grafman & M. Rosen-Ayalon  ou E. De Lorey par exemple – qui traitent de l’édification de cette mosquée mettent en évidence, pour la plupart, le lien de filiation qui unit les califes al-Malik et al-Walid pour expliquer les ressemblances entre la Grande Mosquée de Damas et le Dôme du Rocher de Jérusalem. Amorcée en 706, la construction de la Grande Mosquée est postérieure à celle du Dôme du Rocher qui commence en 685. Bien sûr, les fonctions des deux bâtiments ne sont pas comparables : le Dôme est un sanctuaire alors que la Grande Mosquée est un lieu de culte. Pourtant on remarque quelques similitudes architecturales ou stylistiques entre les deux édifices.

Tout d’abord, le réemploi de la fameuse coupole, élément central du Dôme du Rocher, qui illustre une parenté directe et qui exprime l’importance du bâtiment. Ensuite, le décor qui comme dans le Dôme du Rocher, se construit en deux temps : la partie basse couverte de marbre et la partie haute décorée de mosaïques. Dans son étude, E. De Lorey insiste donc sur la parenté de ces deux édifices mais surtout sur la continuité d’une démarche politique d’émancipation de la part des califes omeyyades. En effet, le père comme le fils auraient cherché, par l’édification de ces monuments d’exception, à rivaliser avec Médine, la ville du prophète.

Et de fait, le calife al-Walid a en partie réussi, puisque la Mosquée de Damas se distingue encore aujourd’hui de toutes les autres constructions de cette période, de par son très très riche décor mosaïque incroyablement bien conservé. Contrairement aux mosaïques du Dôme, celles de la Grande Mosquée témoignent d’un héritage byzantin marqué. E. De Lorey explique qu’à la suite les interdictions iconoclastes, les artistes byzantins du VIIIe siècles renouvellent leur style en s’inspirant des iconographies antiques présentant des sujets plus neutres tels que le paysage ou les « scènes de genre ». Et en ceci, l’influence byzantine (elle-même construite sur des bases hellénistique) est lisible. Cependant les premiers artisans de l’art islamique ne se contentent pas de copier ce style, il en supprime tous les personnages ou animaux pour ne représenter plus que des villes, des arbres ou des végétaux et répondent ainsi aux préceptes de leur religion. On est loin de l’abstraction et du cubisme des mosaïques de Jérusalem, et l’on serait tenté de faire correspondre ces représentations avec des villes existantes, surtout après le témoignage de l’historien du Xe siècle Mohammed Ibn Shakir : « A peine existe-t-il un arbre ou une ville connus qui n’aient été représentés sur ces murs » (cité par E. De Lorey et de Mlle van Berchem). Toutefois, il ne faut pas non plus se leurrer en prêtant à ces mosaïques un caractère réel. Soit, les arbres représentés correspondent à des espèces connues (noyer, cyprès, etc.), mais J. Lassus précise que « la ville n’y est en aucun cas représentée, mais […] symbolisée ».

Cet ensemble décoratif dépasse largement sa fonction ornementale. Il inscrit l’art islamique naissant dans la lignée de l’art hellénistique et byzantin tout en posant les bases d’un nouveau style. Le témoignage dithyrambique de Mohammed Ibn Shakir (Xe siècle), « La mosquée est la plus belle chose que les Musulmans possèdent de nos jours… » (cité par E. De Lorey), illustre bien l’impact de ce décor qui nous émerveille encore aujourd’hui.

 Esther

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Source non citée : « Mosaic of the Great Mosque of Damascus, or Umayyad Mosque », Qantara – Mediterranean heritage [Consulté le 22.4.2015]

Images: Certains droits reservés Creative Commons

Ex. 1 – Auteur: Stijn Neuwendijk/ Ex. 2 – Auteur: Reibai/ Ex. 3 – Auteur: Alessandra Kocman/ Ex. 4 – Auteur: Image courtesy of Nasser Rabbat of the Aga Khan Program at MIT

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Le Dôme du Rocher: joyau de l’art omeyyade

Le Dôme du Rocher, Jérusalem (Auteur: Asim Bharwani)

Le Dôme du Rocher, Jérusalem (Auteur: Asim Bharwani)

Considérée comme la plus ancienne et l’une des plus exceptionnelles architectures musulmanes, le Dôme du Rocher est la source de nombreuses interrogations de la part des chercheurs. En effet, il est très difficile de comprendre qu’elle était sa fonction première, en témoignent les très nombreuses études qui traitent de ce sujet, confère Oleg Grabar, « The umayyad Dome of Rock in Jerusalem ». Cependant, une chose est sûre : ce n’est pas une mosquée, bien qu’elle soit parfois désignée sous le terme de « Mosquée d’Omar ».

Pourquoi, alors, étudier ce bâtiment dans le cadre de ce blog ? Parce qu’il est primordial dans l’histoire de l’art omeyyade en tant que première architecture religieuse qui influencera la production artistique islamique générale.

Abd al-Malik ibn Marwan, cinquième calife omeyyade, ordonne la construction du Dôme du Rocher en 685 de notre ère à Jérusalem. Le bâtiment se dresse sur l’esplanade Haram al-Sharif, que l’on connaît aussi sous le nom d’Esplanade du Temple ou Mont du Temple. Ce lieu est, déjà au VIIe siècle, considéré comme éminemment sacré, aussi bien par les chrétiens que par les juifs. Encore une fois, la raison du choix de ce lieu saint n’est pas encore complètement élucidée, à cause des très nombreuses sources historiques, de mythes et autres histoires qui se contredisent sans cesse. Les propos de N.N.N. Khoury qui comparent trois historiens illustrent ce sujet : « All three statements acknowledge the greatness of the Dome of the Rock as a work of architecture, yet disagree on its raison d’être ». Mais au-delà de ces contradictions, cette citation met en avant le caractère exceptionnel du Dôme du Rocher et c’est ce sur quoi nous allons nous concentrer à présent.

D’un point de vue architectural (cf. Plan du Dôme du Rocher), tout d’abord, l’édifice est structuré autour d’un élément central – le « Rocher du Mi’radj » ou « Rocher de le Fondation » – et tout concorde en effet à le mettre en valeur. Une première colonnade encercle ainsi le Rocher et soutient le célèbre Dôme, une seconde colonnade permet la délimitation d’un premier déambulatoire et adopte la forme octogonale reprise pour la structure du mur extérieur qui construit ainsi le second déambulatoire. L’architecture est donc un premier manifeste de l’importance du « Rocher de la Fondation », mais pour en accentuer encore la sacralité, un autre artifice est mis en place : le décor somptueux qui couvre aussi bien l’intérieur que l’extérieur du bâtiment.

Plan du Dôme du Rocher

Le décor s’organise sur deux niveaux, à l’intérieur comme à l’extérieur, la partie basse de l’édifice est couverte de marbre, alors que la partie haute est ornée de céramiques colorées. Les mosaïques prêtent aujourd’hui à controverse quant à leur origine. En effet, il est courant de considérer que les mosaïques réalisées sous les omeyyades sont le travail d’artisans byzantins, maitres en la matière, or M. van Berchem (citée par E. Diez) cherche à démontrer le contraire : des artisans locaux ou syriens pourraient en être à l’origine. Cela permet de nuancer l’influence byzantine sur le jeune art islamique et d’accroitre celle de l’art Persan ou hellénistique par exemple. De plus, la composition extrêmement complexe est le premier témoignage de ce style naissant, qui marie subtilement éléments géométriques, organiques et épigraphiques, en préférant les couleurs bleue et verte à l’extérieur et rouge et or à l’intérieur. Tous les espaces sont couverts de mosaïques ou de marbre ce qui les rend un peu surchargés, mais c’est finalement une impression de splendeur et de merveille qui prime, magnifiant ainsi l’importance du « Rocher sacré ».

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Le Dôme du Rocher, exceptionnel en tous points – localisation, architecture, décor – marque les prémices d’un art islamique qui se détache petit à petit des différentes influences orientales.

Esther

Notes: Les images ne présentant pas la mention d’un auteur sont libres de droits.

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Décors et représentation

 

Les décors des mosquées omeyyades – je pensais pouvoir consacrer plusieurs articles à leur étude or je me suis rendue compte que rares étaient publications qui portaient sur ce sujet. Pourquoi ? Que représentent ces décors ? Quel est leur lien avec la religion musulmane ?Commençons tout d’abord par comprendre la nature de ces décors. On remarque d’emblée que ce sont majoritairement des compositions non figuratives, qui représentent des arabesque ou des textes calligraphiés (Image n°1) ; et que les quelques représentations figuratives se limitent aux plantes ou aux architectures (Image n°2). La figure humaine est ainsi complètement évacuée de la représentation à l’intérieur des mosquées. Cette absence est particulière aux architectures religieuses puisque l’on trouve des fresques omeyyades datant du VIIIe qui représentent des scènes de chasse ou autres scènes de la vie quotidienne, confère « Deux fresques omeyyades » par Daniel Schlumberger.Afin de comprendre ce décalage entre art religieux et art profane, nous allons nous appuyé sur les articles « Qu’est-ce qu’une mosquée ? » de Marie-Hélène Bayle et « La représentation figurée du prophète Muhammad » de Vanessa Van Renterghem. Toutes deux insistent sur le fait que le Coran n’interdit pas la représentation figurée, nous allons voir toutefois pourquoi elle est rare.Dans un premier temps, M.H. Bayle explique l’absence de représentation figurée par la nature même du Dieu vénéré au sein de l’Islam, celui-ci étant omniprésent mais sans forme particulière. V. Van Renterghem va plus loin et explique cette tendance par des faits historiques. Au moment de sa création, la religion musulmane aurait cherché à s’affirmer en tant que religion monothéiste forte face aux religions polythéistes de la région, condamnant ainsi le culte des idoles. Cette interdiction de l’idolâtrie s’est rapidement transformée en un bannissement des figures humaines de tous les édifices religieux. Comme nous l’avons vu dans « Les omeyyades et leurs mosquées« , les omeyyades sont à l’origine de l’art islamique et il vont donc directement orienter la production artistique religieuse vers le non-figuratif.Cependant, il est difficile d’étudier l’iconographie des mosquées omeyyades de par leur histoire. Les décors intérieur réalisés aux VIIe et VIIIe siècles ont pour la plupart disparu (sauf à Damas) et on été remplacé par des productions postérieures.

La rareté des décors conservés dans les mosquées omeyyades et leur caractère abstrait les rendent difficiles à étudier. Il est toutefois possible de s’appuyer sur des manuscrits ou des décors profanes pour comprendre mieux l’iconographie de cette période. Les textes postérieurs qui les décrivent sont extrêmement admiratifs, et l’on sait que les omeyyades de la péninsule ibérique (IXe-XIIe) vont légitimer leur pouvoir en s’appuyant entre autre sur la production artistique de leurs ancêtres orientaux.

 

Esther

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L’effondrement du minaret de la mosquée des Omeyyades d’Alep

Le mercredi 24 avril 2013, la mosquée des Omeyyades à Alep a subi ce que l’opposition au régime a appelé un « crime contre la civilisation » avec la destruction de son minaret. Suite à cette catastrophe patrimoniale, les différents acteurs s’accusent et se pointent du doigt pour désigner les responsables de son effondrement.
A l’heure où les combats entre le régime de Bachar el-hassad et la Coalition de l’Opposition œuvraient depuis des mois dans la Vieille Ville d’Alep, au nord de la Syrie, le minaret de la mosquée de Omeyyades, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, a été réduit à un tas de pierre et de fer. D’une part les militants anti-régime affirment une véritable volonté destructrice de l’armée syrienne, visant le minaret avec un de ses chars d’assaut et faisant feu à plusieurs reprises. Dans la vidéo de l’AFP (voir au bas de l’article) un des rebelles témoigne, disant avoir vu de ses « propres yeux un char de l’armée tirer directement sur la mosquée des Omeyyades, notamment sur le minaret ».
D’autre part, le gouvernement syrien fait part d’une version bien différente des faits à travers la télévision de l’Etat. Il y dénonce la responsabilité du Front jihadiste Al-Nosra dans l’écroulement du minaret, les accusant d’avoir volontairement miné le monument et filmé sa destruction afin d’incriminer le régime pour ses actes.
Sachant qu’aucune vidéo montrant l’instant de l’effondrement du minaret n’a été mise à disposition depuis, la véracité des faits est difficile à établir.
Une autre vision de l’évènement provenant de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a aussi été exposée. Le discours médiateur entre le régime et l’opposition de son directeur, Rami Abdel Rahmane, dégage la responsabilité factuelle des deux camps : « Il se peut que le minaret se soit effondré tout seul en raison de la violence des combats au cours des derniers mois ». La destruction serait donc due selon lui à la guerre en général et ses moyens de combats, fragilisant l’édifice jusqu’à l’irréparable. La destruction d’un tel joyau du patrimoine syrien ne fait qu’alimenter la haine et la violence des combats car il fait partie des symboles vivants d’une histoire commune et d’une culture propre à une époque et à un peuple qui voit sa mémoire détruite par les combats politiques d’aujourd’hui. Appartenant au patrimoine culturel mondial, un tel évènement est une perte internationale qui entre dans les atrocités de la guerre car en détruisant la culture et l’histoire on détruit un peuple dans son essence même.
Si, sur place, les archéologues syriens se mobilisent pour protéger le patrimoine en danger, les combats continuent à saccager des monuments, objets et œuvres patrimoniales du pays et leur préservation reste périlleuse et fragile. D’où la nécessité aujourd’hui de faire exister ce patrimoine détruit ou menacé afin qu’il ne soit pas effacé des mémoires et survive encore à travers l’histoire.

 

Vidéo AFP mise en ligne le 24/04/2013 http://bit.ly/1N6YVhx

Vidéo AFP mise en ligne le 24/04/2013
http://bit.ly/1N6YVhx

 

Tiphaine

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Les omeyyades et leurs mosquées

Afin de mieux comprendre les mosquées omeyyades – leur architecture, leurs décors, leur importance – il me semble intéressant de présenter rapidement le contexte historique, géographique et religieux. Qui étaient les omeyyades ? Quelle est leur importance dans l’histoire l’art islamique ? Quelle place ont les mosquées au sein de leur production artistique ? Tant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre ici.

« L’islam, on l’a dit souvent, est tout ensemble religion et communauté », c’est la phrase d’introduction d’Olivier Roy de son article « Islam (La civilisation islamique) – Islam et politique ». Comme l’indique cette citation, l’Islam est bien plus qu’une religion puisqu’elle est à la base de l’organisation sociale et politique des peuples qui la pratiquent. L’Islam trouve ses origines au Moyen-Orient, autour de la personne du prophète Mahomet au VIIème siècle après Jésus-Christ. Mahomet était dés lors prophète et dirigeant de la communauté qu’il venait de fonder. A sa mort en 632, des querelles éclatent pour lui trouver un successeur et ce sont les omeyyades qui prendront finalement le pouvoir en 661, devenant ainsi la première dynastie califale islamique. Les omeyyades ont donc une place de choix dans la chronologie de l’art islamique, ils en sont à l’origine. Dans son article « Islam – L’art et l’architecture » Marianne Barrucand présente l’avènement de cet art comme une nécessité, un besoin de ce nouvel Etat de créer sa propre identité artistique. Elle précise que cette identité va rapidement s’exprimer à travers l’architecture qui est l’une des facettes prédominantes de l’art islamique. Pour ce faire, les artistes se seraient inspirés des cultures environnantes, telle que la culture byzantine par exemple. De nombreuses mosquées sont construites pour répondre aux besoins de la nouvelle religion et elles deviennent ainsi un moyen privilégié de l’expression artistique de cette période.

En plus d’être la première dynastie califale islamique, les omeyyades sont aussi ceux qui règneront sur le plus grand des empires du monde musulman. Etablis à Damas, leur capitale, les onze califes qui se succèdent repoussent leurs frontières, jusqu’à la péninsule ibérique à l’ouest et jusqu’à l’Indus, sur la route de la Soie, à l’Est (cf. les parties orangées de la carte). Cette expansion est importante puisqu’alors qu’ils sont renversés par les abbassides à Damas en 750, une communauté omeyyade se réfugie à Cordoue, en Espagne, ce qui prolonge leur existence de deux siècles et demi et permet l’apparition d’un autre style artistique emprunt d’influences ibériques. Claude Cahen parle à ce sujet de « renaissance omeyyade », dans son article « Omeyyades ou Umayyades ».

Expansion de l’islam au temps des omeyyades (Source : Dictionnaire Larousse en ligne)

 

La grande puissance de la dynastie omeyyade et son rôle à la naissance de l’art islamique en font un objet d’étude particulièrement intéressant. Les mosquées construites à cette période sont le reflet des ambitions à la fois culturelles, artistiques, religieuses et expansionnistes propres aux califes omeyyades, qui cherchaient à étendre leur influence sur les peuples environnants, en témoignent les Grandes mosquées de Damas, d’Alep ou encore de Cordoue.

 Esther

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